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Intérieur café IX

Intérieur café IX - huile au couteau sur toile 116x89 cm - juin 2018 - 2500 €

Intérieur café IX – juin 2018 – huile au couteau sur toile 89×116 cm

 

Sur une terrasse de la rue Larrivé

J’ai posé ma tristesse

Et rangé mon ivresse

Sous les dessins des murs que les dieux ont graffés

L’Ancien sculpteur des morts a caché son prénom

Sous les tags guenilleux

Sous les crépis de lieux

Qui ne savent plus les dix mille six cents noms

Où vont les rêves d’artistes quand sonne l’heure

Dans l’écrin de la nuit

Dans le rien de l’oubli

Sur les plages infinies où les vagues meurent

Sur une terrasse de la rue Larrivé

J’ai posé ma tristesse

Le serveur en vitesse

A renversé un peu de mon dé de café

 

Vie immobile aux iris II

Vie immobile aux iris II - 41x33 cm - 2018 - 450 €

Vie Immobile aux iris II – Huile au couteau sur toile 41×33 cm – 2018

Le bleu vient aux ténèbres.

Un bleu si clair. Un bleu si tendrement froissé qu’il dessine l’âme. Un bleu si frêle que les barbelés de la nuit fondent, tièdes et doux, dans les prés nés avant les jours.

Le bleu vient aux ténèbres et toi en moi.

Verte et vive.

« Merci d’être, sans jamais te casser, iris, ma fleur de gravité. Tu élèves au bord des eaux des affections miraculeuses, tu ne pèses pas sur les mourants que tu veilles, tu éteins des plaies sur lesquelles le temps n’a pas d’action, tu ne conduis pas à une maison consternante, tu permets que toutes les fenêtres reflétées ne fassent qu’un seul visage de passion, tu accompagnes le retour du jour sur les vertes avenues libres.» – René Char – Lettera amorosa

 

Intérieur café VIII

Intérieur café VIII – Huile au couteau sur toile 55X46 cm – mai 2018

 

Dis-moi. Dis-moi. Dis-moi…

Où es-tu étonnant intérieur aux traces tranchées ?

Dans mon âme ou dans les rues des villes rêvées ? Dans le souvenir des marchés de Palerme où se mêlent des parfums de menthe ? Dans le crépi fendu des cafés où nous refaisions les mondes anciens ? Dans ce bar du plateau d’une Croix désormais moins rousse que les taches sur ton nez de mésange ? Dans mon cœur qui tressaille ? Dans les feux tabagiques des cartes qu’on battait sur les tables des bistrots ? Dans les pigments durcis de la soie des martres mortes ? Dans l’arôme sucré d’un marc épais ?

Dis-moi. Dis-moi. Dis-moi…

Les images m’enroulent dans leurs tapis moirés.

Dis-moi. Dis-moi. Dis-moi…

Pourquoi la mort aurait-elle l’arôme du café ?

Cabanon à Ferrassières

Cabanon à Ferrasières - Acrylique au couteau 46x33 cm - avril 2018 - 600 €

Cabanon à Ferrassières – avril 2018 – acrylique au couteau sur toile 46×33 cm

Cabanon, sentinelle des champs où mourront les herbes tendres. Aux alentours, dans les sillons clairs, nous regardions naître l’espoir d’ailleurs bleutés.

Je reviendrai mêlé à l’esprit du vrai monde. Je serai le vent qui caresse les lavandes.

Pour toi je ressusciterai le vieil arbre qui gardait l’entrée de l’abri. Amoureux éperdus, nous entendrons chanter l’alouette au-dessus des terres d’Albion.

La chapelle de Vergol à Montbrun

La chapelle de Vergol à Montbrun - Acrylique au couteau sur toile 55x46 cm - avril 2018 - 800 €

La chapelle de Vergol (Montbrun) – avril 2018 – acrylique au couteau sur toile 55×46 cm

Les amours tissent des collines et des sentiers sous des ciels de sang

Sur leurs chemins dérisoires je vais aveugle vers l’éternité

Le silence se fige dans les pierres dont on bâtit les chapelles perdues

À propos de l’exposition « CAFÉS »

Un article d’Alain Vollerin sur le blog des Arts

Oui, dans un des cafés peints par Jean-Paul Schmitt, d’une manière très personnelle. Bien entendu, avec un sujet pareil, chacun pensera immédiatement, à la sublime série des cafés du regretté Jacques Truphémus qui fait l’objet d’hommages au musée des beaux-arts de Lyon, et, au musée Paul Dini, à Villefranche-sur-Saône.

Jean-Paul Schmitt expose à l’Atelier partagé, une galerie très agréable située, à quelques pas du centre ville. Mais, qu’est ce que l’atelier partagé ? Un lieu de liberté, où on expose, où on prend des cours, où on travaille dans un atelier. Les animateurs de cet espace convivial sont Adeline Avril dessinatrice, Olivier Brunot, passionné de gravure et de dessin, Patrick Marcoccia, Robert Durand (homonyme de notre ami Robert Duran qui décida de nous quitter, il y a quelques années), Yann Purcell, peintre plasticien professionnel, Gaëlle Journet-Caccamo, peintre, et, Serge Gallardo, explorateur de peinture et de dessin.

J’étais heureux de découvrir les œuvres récentes dans de grands formats, de Jean-Paul Schmitt exprimant l’atmosphère du café contemporain. J’apprécie, tout particulièrement, celle dont le fond est occupé par un tag géant. Cinquante ans après Mai 68, ce tableau contient un climat de vive jeunesse. On se rencontre. On boit, dans un mélange intergénérationnel. Les frontières entre les individus semblent abolies. Cette toile est bien dans notre époque, et de fait, nous aussi.

On voudrait en voir plus. Nous sommes peut-être, à l’orée, d’une aventure nouvelle. La couleur s’accomplit dans la liberté, dans un lyrisme bienvenu. Les tons sont agréablement acidulés. Ils nous disent le présent, la vie, une joie paisible après un calme retrouvé. Un possible accès au bonheur. Les formes naissent de taches évadées de leur carcan. La peinture de Jean-Paul Schmitt n’est jamais aussi efficace pour nous atteindre, pour nous convaincre que lorsqu’elle projette ce qu’elle a de meilleur, sans contrainte, sans barrière, ni limite, pour le geste de l’artiste.

J’ai beaucoup apprécié la paix, le désir de faire bien qui règne dans ce lieu modeste, et lumineux. Jusqu’au 6 mai 2018-Atelier partagé – 7 / 9, rue du collège, à Vienne. Ouvert le samedi 11h-19h, et, les dimanches 14h-18h. »

Le blog des Arts – Alain Vollerin – le 23 avril 2018

La Rochette du Buis

La Rochette du Buis - Acrylique au couteau sur toile 55x46 cm - avril 2018 - 800 €

 

La Rochette du Buis – avril 2018 – acrylique au couteau sur toile 55×46 cm

 

Avril raye les champs de ce gris qui vient aux tempes avec le temps. Les longs sillons virent au vert et préparent l’explosion des lavandes.

La lumière sèche les terres et fait chanter les pierres.

Le Charuis court vers l’Ouvèze en emportant des souvenirs de sonnailles. Elles ont l’accent des morts du Maquis Ventoux qui roule au loin dans les gorges.

Olivier en avril

Olivier en avril - acrylique sur toile 30x30 cm - avril 2018 - 300 €

 

Olivier en avril – avril 2018 – acrylique au couteau sur toile 30×30 cm

 

Le peigne divin strie l’ocre des Baronnies

Claquement clair des pierres aux tempes d’Albion

Le son des socs annonce la venue d’Alcyon

Et les philtres et les élixirs infinis

Déjà aux lavandes se met le vert de gris

L’été dort encore en ronflant sous les saisons

Au fond des gorges des torrents pris de boisson

En chasuble d’ombre bleue un olivier prie

Oliviers vers Buis

Oliviers vers Buis - acrylique sur toile 55x46 cm - avril 2018 - 600 €

Oliviers vers Buis – avril 2018 – acrylique au couteau sur toile 55×46 cm

Les Baronnies ont l’accent rocailleux et des sourcils de buis roux

Les Baronnies gardent dans leurs calcaires le gris bleuté des Voconces

Les Baronnies gardent des oliviers de mille ans et des parfums de lavande dans le grenier des mystères

Les Baronnies psalmodient des litanies sauvages dans leurs gorges profondes aux eaux sacrées chargées de blanc

Les Baronnies chantent la vierge qui déroute les barbares en dansant sur les vers de Char :

« En robe d’olivier
l’Amoureuse avait dit :
Croyez à ma très enfantine fidélité.
Et depuis, une vallée ouverte
une côte qui brille un sentier d’alliance
ont envahi la ville où la libre douleur est sous le vif de l’eau.
 »

Lavandes de mars à Sault

Lavandes en mars à Sault - acrylique sur toile 30x30 cm - mars 2018 - 250 €

Lavande en mars à Sault – acrylique sur toile 30×30 cm – mars 2018

 

Les lavandes rayent le temps

Gris longs et doux

Pierres et houes

Le sang des terres va chantant

Un pauvre cabanon d’antan

Reste de sentinelle attend

La résurrection du printemps

Les lavandes rayent le temps

Gris longs et doux

Pierres et houes