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Nature morte au pot de lait

Nature morte au pot de lait - huile sur toile 30x30 cm 300 €Nature morte au pot de lait – huile sur toile 30×30 cm – octobre 2015

Lorsque la croûte du pain frais craque sous mes dents aux matins clairs, des arômes d’enfance montent de ma mémoire heureuse et surgissent des images chaudes.

Souvenir du lait de la traite du soir que j’allais chercher chez notre voisin. J’y rencontrais deux ou trois camarades d’école. De temps à autres à l’abri des regards adultes, le pot sans couvercle, tiède, bien rempli et tenu à bout de bras, nous nous amusions à jouer les centrifugeuses. Fous-rires lorsque l ‘un d’entre nous, ne tournant pas assez vite, perdait une partie du précieux breuvage. J’étais plutôt doué et si les mésaventures rotatives m’éclaboussaient rarement, ma mère s’étonnait souvent du temps long que la crème prenait pour monter à la surface.

Souvenir de la fraîcheur de la crème liquide. J’en suis toujours gourmand. Elle garde pour moi, – cueillie sur le lait bourru, denrée devenue rare, – l’odeur sucrée des étables.

Souvenir du grand bol du petit déjeuner, rempli à ras bord de bouts de pain de l’avant-veille, recouverts d’une peau de crème bouillie et de deux ou trois morceaux de sucre dans un café au lait parfumé de chicorée Leroux.

Souvenir du chemin de l’école, des odeurs d’encre et de cire.

Je pars dans la lumière du matin et me récite sagement le chant du départ, la règle des intervalles et la formule du volume de la sphère.

Je retrouve ma mère, ses étreintes et ses recommandations.

Je retrouve mon père et son béret d’ouvrier aux mille talents.

Je retrouve mon enfance.

 

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