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F… Histoire de ramener ma fraise

Velasquez – Portrait de l’infante doña Maria, reine de Hongrie – 1630 (59,5 x 45,5 cm) – Musée du Prado, Madrid

C’est en Espagne, paraît-il, que les fraises d’Europe sont le plus cultivées. Et cela ne date pas d’hier.

Je sais que vous vous dites que je vais ramener la mienne de fraise et gâcher vos vacances à Ibiza ou sur la Costa Brava en remâchant des propos déjà entendus. Je sais que vous savez tout à propos de ces fruits qui envahissent régulièrement nos marchés et qui sont beaucoup moins bons que nos Gariguettes de France, bien plus coûteuses, bien moins goûteuses, autrement plus polluantes avec leur bromure de méthyle à effet de serre et leur transport non payé au juste prix de pollution, etc…

Pardon, mais j’avais seulement envie de vous parler des fraises que l’on voit sur les portraits réalisés par quelques-uns des grands maîtres tels Rubens et autres Vélasquez.

Chez Rubens, par exemple, je voulais vous faire admirer la perfection de la fraise sur la robe de l’Infante Clara Eugenia ou celle qui est sur l’habit de ce jeune homme qu’il a peint alors qu’il avait à peine vingt ans. Je voulais vous convaincre que les touches qu’il utilise pour rendre délectable ce col-fruit y sont autrement plus frémissantes que les brumes de chaleur du parc national de Donana où la terre se meurt des excès de la culture folle.

Je pourrais aussi vous parler des fraises de son disciple Van Dyck dans le portrait de Frans Snyders et de sa femme.

Ou encore et surtout des fraises espagnoles du plus grand parmi les grands : Vélasquez, dont les portraits sont remplis de cols à tarte de toutes sortes. Voyez les fraises de l’Infante Dona Maria, reine de Hongrie ou celles du portrait en pied de Philippe IV.

Mais, de vous à moi et au risque d’être un peu facile, je vous avoue que, fruits pour fruits, je préfère de loin l’émotion que m’offrent ceux du dos de sa « Vénus à son miroir ».

N’en déplaise aux suffragettes qui rêvent de taillader le seul nu que l’on connaisse de celui qui, comme le disait Francis Bacon, « a trouvé le parfait équilibre entre l’image idéale qu’on lui demandait de reproduire et l’émotion qui submerge le spectateur »

Jean-Paul Schmitt le 28 juillet 2009

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