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B comme « Barbuda »

En ces temps de vacances, je vous propose quelques articles que j’avais rédigés en 2009 sur le blog de mon ami Jean-Yves.

Je suis tombé par hasard sur une reproduction d’un tableau peint par Ribera en 1631 et dont l’original est à Tolède. Au premier regard, je n’ai retenu que la barbe. Les pensées encore envahies par une controverse récente concernant la liberté des femmes, je n’ai vu d’abord que l’un de ces barbus  que l’on voit parfois marcher quelques mètres devant un fantôme noir. Puis j’ai vu le sein ample et dénudé. Gonflé.

Fichtre, me suis-je dit, un barbu avec un sein à l’air, au milieu du XVIIe siècle espagnol, bien après qu’Al Andalus ait disparu depuis longtemps et bien avant tous les progrès actuels de la chirurgie plastique ?…Un homme d’Islam ancien revendiquant avec force sa part de féminité et qui, bien loin de l’enfermer sous une chape grillagée, l’exhibe !…

Une image entraînant l’autre, je me suis mis à dériver vers des temps lointains et probablement mythiques où des femmes altières allaient à visage découvert pendant que leurs hommes voilés les suivaient en silence, cachant sous un tissu sombre une soumission aussi aveugle qu’une burqa.

La barbe ! Pourquoi la barbe me dis-je in petto ? La réponse m’apparut évidente : en affublant sa mujer d’une telle pilosité noire, Ribera qui craignait quelque fatwa ou quelque excommunication à laisser ainsi déambuler un sein nu, avait sûrement voulu faire une concession aux barbus et aux inquisiteurs de tous les temps. Foin des rêves. Les tableaux ne devraient jamais être légendés.

« Mujer barbuda, La femme à barbe ». Ce n’était que le portrait d’une certaine Madeleine Ventura (peut-être la femme d’un ancêtre de Lino, qui sait ?), allaitant son enfant.

Femmes que j’aime, jamais n’acceptez ces vers du Molière des femmes savantes :

– Votre sexe n’est là que pour la dépendance

– Du côté de la barbe est la toute puissance

Jean-Paul Schmitt – 17 juillet 2009

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