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Près d’Ahinoa

Près d’Ahinoa – huile sur toile – mars 2014

Le saule se couvre de larmes lumineuses. Le bois voisin porte le deuil des œuvres parfaites, son crêpe en lichen aux revers des troncs.

Abandonnée, la maison pâle. De ses failles naît l’ombre du lierre qui pulse à chaque battement d’année. La rivière chuinte et chante l’alchimie de la terre basque.

Galets xylophones.

Printemps de pierre roulée.

Vie blottie dans le sable blond du fond de la Nivelle.

L’air a la fraîcheur de l’hiver quand les âmes s’étirent entre les ronces brunes et les violettes. D’anciens chagrins tissent les mauves du lieu où le Réel se sauve.

Où s’en ira l’espoir quand l’été sera là ?

L’if épuisé qui garde l’entrée du chemin s’est armé de bambous dérisoires. La grille rongée grince dans le râle endormi des rêves ruinés.

Mes pas claquent, clairs sabots de montures invisibles et fumantes. Le noir, le rouge, le vert et le blanc s’échappent des Vivants.

C’est toujours la mort qui peint le temps.

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