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Nature morte aux violettes

Nature morte aux violettes – acrylique sur toile 30×30 cm – mars 2014

« Violettes impériales » : l’image de la partition d’opérette qui traînait sur le piano d’Hélène refait surface quand au détour d’un sentier de forêt claire j’aperçois ces notes discrètes nichées dans la mousse.

Musique et paroles mortes, seul reste le titre au-dessus de la photographie désuète de Linda Wals en Violetta. Il pose ses mots sur les belles parfumées injustement affublées du qualificatif d’« impériales ».

Au fin fond des pensées, cousines germaines plantées dans les rides du cerveau, les sons inaudibles qu’on croyait oubliés sont là pourtant. Ouatés, ils s’échappent de l’ombre du bois comme du poste de radio juché là-haut, sur l’étagère de la cuisine. Suffisamment haut : que l’enfant curieux n’aille pas tourner les boutons du coffre magique d’où sortent les mondes !

La couleur du papier jauni qui languit sur le piano réveille une nostalgie douce ; peut-être aussi le souvenir d’une marchande de bouquets de violettes rencontrée au détour d’une rue à Paris dans les années soixante. Son sourire et sa frimousse grêlée de taches de rousseur raillaient le gamin provincial que j’étais.

Hélène nous a quitté il y a plus de vingt ans. Son piano est au salon, désaccordé et gros des bons moments passés ensemble. La partition est collée sur la porte de la penderie qu’elle décore avec d’autres – chansons de Brassens et de Brel ou de Ferré – en un curieux mélange des temps.

Les violettes me font toujours rêver d’anciennes bribes radiophoniques.

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