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Nature morte aux poires fripées

Nature morte aux poires fripées – acrylique sur toile 80×80 cm – février 2014

Les fruits fripés frôlent ma folie. Fureur fraîche d’hiver fini, faribole d’enfant fatigué de faire front au printemps du temps.

Poires plissées de rides douces. Partout les pensées passées en restes ramassés se vident de sens.

Dans le couloir carrelé de noir, derrière la porte de fer, un rai de lumière laisse entrer un jour perdu.

Les fleurs se faneront. Dans l’ombre, nombre d’horloges grondent le glas. Des insignes gras sont sur les toges, des chants renaissants qu’on croyait oubliés et des faisceaux brûlants inondent la nuit.

Sève saignante, antienne dérisoire, dans le noir qui s’avance angulaire, le rouge de l’affiche héroïque s’envase. Sous la tendresse des coussins les mots frêles et fraternels se sont enfouis.

Avec un rire fou les dieux oublieux des jours heureux entonnent des Dies irae débiles.

Comment peindre encore la douceur et l’ombre claire lorsque j’entends Aragon ?

« Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent

Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps

Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant

Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir

Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant »

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