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Nature morte au cormoran

Nature morte au cormoran – huile sur toile 80×80 cm – janvier 2014

L’atelier était sombre et jouait sur mon âme. La haute verrière était transpercée de lune. Dans mon rêve coulaient de suaves nuits brunes où flottaient grises des cendres et l’or des flammes.

De mes mains enfiévrées s’échappaient des couleurs. J’écoutais sur les cieux vibrer les échos noirs des chants qui s’accordent aux montagnes du soir comme l’eau des vieilles mers et des sombres peurs.

Le bois du cormoran tachait la nappe d’ombre en guettant l’heure sans fond où l’esprit s’abîme, où, dans l’antre des songes les fruits sont des crimes que la lumière de sang trahit et dénombre.

« Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ?

Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,

Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé

Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.


Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.

On verrait, en sondant la mer qui les promène,

Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine…

La lune était sereine et jouait sur les flots. »

Victor Hugo – Les Orientales – Clair de lune

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