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Avant la pose

Dans l’atelier – huile sur toile 120×80 cm – novembre 2013

« Est-ce à la rougeur de l’aurore,

À la coquille de Vénus,

Au bouton de sein près d’éclore,

Que sont pris ces tons inconnus ? »

Dos tourné, naviguant dans l’espace ténu niché entre mes pensées, là où se créent les couleurs, j’attends que la chrysalide meure. J’attends que la nymphe se sublime. J’attends la femme qui naît.

Comme avant chaque pose, la robe de sang va glisser, soupir de soie sur des jambes longues. Les dessous diaphanes qui tombent de ses mains se mettent en abyme.

Je sais déjà les à-plats naissants, les advenues de couleurs, les traits courbés et chauds, les grises douceurs, les pétales rosés sur le sol.

Je sais sa peau. Je la sais depuis le premier jour de la terre quand, dans le miroir noir des adolescences perdues, se dessinait son âme.

Les grandes verrières posent des lumières que le vent d’ailleurs fait danser en silence sur le lin des châssis et sur le plancher.

Que sont les fruits des natures mortes quand ma fièvre court de la toile au ventre ombré qui se livre ?

« Jetant le voile qui te pèse

Réalité que l’art rêva,

Comme la princesse Borghèse

Tu poserais pour Canova »

Théophile Gautier

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