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La femme clown

huile sur toile 116×89 cm – août 2013

Le clown doux a mille clés pour que la joie demeure. De sol ou d’ut, voire de fa. Et parfois des clés de mie. Souvent des clés de si car c’est difficile d’être pitre quand on est doux et qu’on cache son cœur sous des habits de couleur.

Dans son âme xylophone flânent des airs nostalgiques et des fleurs de crépon qui, magiques, jamais ne se fanent. Ses rêves sont garnis de carrosses et de princes orthodoxes, de cordes qu’on pince et de rires de gosses.

Elle pose parfois. Elle peint souvent. Elle grave toujours.

Artiste, le clown est timide. Ses sourires perlés sont autant de colliers de pacotille pour tromper le temps.

Le vent frais qui gonfle la robe des gamines folles souffle toujours sous le chapeau de Nicole. Il arrache des lambeaux aux tapisseries du salon gris où dorment les ans et mes souvenirs.

La lumière joue à saute mouton dans ses yeux midinette. Entre deux larmes pour rire, elle ose un soupir. Quand elle se repose attendrie, elle suit des yeux son homme qui grimpe sur un mat de cocagne fraîchement repeint. Le peintre aux pieds nus a laissé ses chaussures, pointure rouge et jaune, sous le trône de la reine.

Chaque nuit, quand elle s’endort sous les chapiteaux sonores, elle range les contes que je me raconte.

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