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Saint Honorat I

St Honorat 1 – huile sur toile 30×30 cm – juillet 2013

«…
Louez le Seigneur depuis la terre,
monstres marins, tous les abîmes ;
Feu et grêle, neige et brouillard.
Vent d’ouragan qui accomplit ses paroles ;
Les montagnes et toutes les collines,
Les arbres des vergers, tous les cèdres ;
Les bêtes sauvages et tous les troupeaux,
Le reptile et l’oiseau qui vole ;
…»

Psaume 148

Les troncs blanchis se courbent vers la mer. Gloire au Père.

Ils tentent de tirer vers le ciel des racines nouées et les kystes de leur mémoire. Le clocher sonne tierce et les pensées mêlées se terrent. Gloire au Père.

Les siècles des siècles se reposent  et posent pour un temps nostalgies et chants. Du ciel tombent les aiguilles des horloges impitoyables. Battements sourds. Souffles dans les pins et sur les pierres. Gloire au Père.

La montagne meurt là où se parle la vie. Acouphènes éternels. Murmures cachés dans le bruit de scies des cigales ivres. Livres de sagesse naturelle où j’espère. Gloire au Père.

Les psaumes sentent la sève. Les pas bruissent dans la poussière et sur les feuilles sèches d’eucalyptus. L’île est en prière. Gloire au Père.

Tant d’heures et d’autres vêpres attendent ma conversion. Le temps n’est pas encore venu des œuvres éternelles. Ici sont les dérisoires et les éphémères. Gloire à la Mer.

« Je vois enfin la mer dans sa triple harmonie, la mer qui tranche de son croissant la dynastie des douleurs absurdes, la grande volière sauvage, la mer crédule comme un liseron. »

Fureur et mystère, René Char

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