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Odile au canapé

Huile sur toile – 92×73 cm – mai 2013

Les bagues à chaque doigt renvoient au salon des éclats. Rires et bimbeloterie lapis lazuli près des fruits dérisoires cueillis dans le jardin en friches d’un dieu mal rasé.

Les mots qui flottent autour d’elle sont indécis, embrumés. Ils se noient dans sa mémoire incertaine tels des rêves d’opium. Murmures ouatés de vie lointaine. Volutes de désir inassouvi. Pensées qui bégaient et se répètent en perdant petit à petit verbe, sujet, objets. Sens égaré dans le sable qui coule en se comptant. Vagues rubans de langage noués au hasard et à l’instant défaits.

Les fleurs déversent dans la corbeille voisine leur encens de regrets à mettre en boîte.

Les coussins épais, gonflés de toutes les paresses perdues, soutiennent son bras. Le froid qui s’est glissé entre les tentures monte à l’assaut de ses jambes rondes et gainées. Son ventre palpite quand l’ombre se faufile sous le canapé où reposent ses craintes.

Le temps déchire les papiers peints et troue la toile que je tente de peindre.

Les femmes de mon enfance ont accroché leurs robes noires aux clous des ruines et troqué leurs oripeaux de veuve pour des corsages écarlates. La mort ricane et se retire un instant pour distiller d’autres poisons.

En moi tremblent des pleurs et des couleurs.

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