web analytics

Abrivado

Acrylique sur toile 61×46 cm – mars 2013

Les belles étrangères qui vont aux corridas ne se pâment plus guère devant la muleta.

J’ai caché les taureaux, j’ai peint les chevaux.

Sous le gris des platanes les clameurs catalanes vibrent dans la lumière. La mort se désaltère et pisse sur la terre du sang et de la bière en rotant sa misère.

Sur les murs d’ocre claire le soleil s’arrête. Sous les balcons de fer les bodegas sont prêtes. La rue sent le crottin que les sabots piétinent. Le rouge dégouline au menton d’un crétin.

Les belles étrangères qui vont aux corridas ne se pâment plus guère devant la muleta.

La rue est aux gamins qui jouent aux attrapeurs. La sueur dans leurs mains dit un peu de leur peur. Devant les mâles des vaches et les vieux à moustache ils font les bravaches.

J’ai peint les chevaux et les caballeros.

J’admire le taureau quand il montre ses couilles à la vieille rombière toute à sa prière. Je souris des blaireaux quand ils cachent leur trouille en jouant les toréadors de gouttière.

L’abrivado est saoule, elle imbibe la foule de son rouge qui tache l’âme et la cravache.

Les belles étrangères qui vont aux corridas ne se pâment plus guère devant la muleta.

Leave a Reply