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Les fleurs du printemps à Palalda

Acrylique sur toile – 55xx46 cm – mars 2013

Sur la table : les fleurs d’un printemps qui défie le temps.

Pour les cueillir il faut passer sous les buis et franchir la brèche dans la haute clôture qui garde un hameau abandonné près de Palalda.

Elle l’a cueilli en bravant les interdits. Elle a volé des gouttes de sang sur la haie qui borde les maisons aux fenêtres murées.

Dans les flaques sombres, des débris de souvenirs flottent comme des prières. Des mimosas percent çà et là le bitume. Les carcasses rouillées d’anciens abris et de vieilles caravanes espèrent encore l’arrivée des étés défunts et des enfants rieurs. Des larmes verdâtres coulent sur le silence des crépis. Les cognassiers du Japon plantés par des maîtres morts posent des notes de carmin sur les chênes verts qui bordent la route étroite et pentue.

Elle est revenue en chantant, les fleurs à la main et j’ai pleuré.

J’ai posé le bouquet dans la lumière à côté d’un grimoire au parfum de poussière. J’ai pris mes pinceaux et, dans la lumière du matin – d’un matin qui défie le temps – j’ai peint le bonheur qui venait de s’asseoir dans ma chambre.

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