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Nature morte au pamplemousse

Acrylique sur toile – 46×38 cm – mars 2013

L’ombre des fruits pose sans bruit du bleu sur la table. Le soleil étourdi oublie sur la nappe une part de lumière.

Le hameau voisin entre subrepticement par la porte-fenêtre ouverte. Sans-gêne, il s’incruste dans la pièce et s’installe dans le fauteuil au tissu catalan.

Le balcon capte le ciel.

Une demi pomme tranchée offre ses charmes les plus intimes.

Toutes les mémoires qui passent s’engouffrent soudain dans la pièce étroite et soulèvent curieuses les draps où gisent mes fantasmes.

Un fantôme passe dans un ultime spasme.

L’ombre chinoise d’une palme danse un instant sur la pâleur du sol avant de disparaître à jamais.

J’entends chanter le Tech en contrebas quand le vent glisse son archet sur ses galets gris.

Matisse illumine ma chambre.

Les persiennes du tableau filtrent l’or du dehors. Le violon du peintre est posé près de la boîte au velours bleu qui lui sert d’écrin et qui a la couleur de mes larmes.


« L’hiver a cessé : la lumière est tiède
Et danse, du sol au firmament clair.
Il faut que le cœur le plus triste cède
À l’immense joie éparse dans l’air »

Paul Verlaine

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