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À Moa

Aquarelle de mon carnet de voyage – Cuba – février 2010

À Moa, le ciel et la terre échangent en saignant de la poussière et de l’ombre contre des vapeurs couleur de souffre blessé. La latérite y peint les Caraïbes et les Cubains jusqu’aux tréfonds. Là, on ne s’arrête pas pour admirer ou dessiner, pour peindre ou photographier l’œuvre de Dante sous peine d’enfer carcéral.

Le nickel de Moa est un poumon pour l’ile cloîtrée. Il donne au désespoir des reflets d’avenir possible à défaut d’être radieux.

Dans un désert d’outre monde, les boues sombres étalent leur marais le long de la route droite au bord de laquelle des squelettes d’arbres dressent des silhouettes crucifiées. Le cœur acide de l’île bat ici, sourd aux gémissements de la mer. Entre les hautes cheminées du complexe de traitement du nickel de Moa, le soleil diffuse des violets et des indigos somptueux et mortels.

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