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Perséphone

Aquarelle sur papier format raisin – janvier 2013

Dans le matin de janvier, depuis la fenêtre de l’atelier, je guette mon âme en redoutant l’arrivée irrésistible de l’ombre.

Quel secret Perséphone murmure-t-elle à l’oreille du bronze qui surgit dans le parc aux statues de Gianada. L’air clair et humide de la fondation suisse y fabrique des auréoles bleues pour fantômes de Miro, Giacometti, Moore et autres de leurs amis.

Méfie-toi mon Anne, c’est Pluton qui joue à la statue…

Ne lui confie rien. Il sait bien, il sait trop pour avoir pillé ma tête de quels rêves antiques et séculaires ta blondeur est le signe !

Je veux sentir encore longtemps, longtemps, longtemps ta main pianoter sur ma peau des codes pour muets définitifs.

La pluie est amoureuse. Le rythme du tambourin de ses gouttes est tantôt anglais : « Tip, tip, tip, I love you ». « Tip, tip, Me too ! », tantôt latin : « Tip, tip, Je t’aime ! », « Tip, tip, tip, Moi aussi ! ».

Les dieux pleurent doucement et leurs larmes assouvissent leur désir sur les fesses des naïades.  Mes souvenirs sont blonds ; ma sculpture, d’or ; mon désir, silencieux.

Fasse qu’Hadès me retranche avant d’enlever Perséphone.

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