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Le chemin enneigé de la Sablière V

Acrylique sur papier 200 g/cm2, marouflé sur bois – 50×65 cm – décembre 2010.

Mes promenades sur les chemins enneigés autour de la Sablière sont remplies d’éternité.
Le matin, le soleil transparaît entre les frênes du pré de Roland où le givre a posé sa mousse. Il attend le soir pour passer le rasoir d’Occam sur les champs et sur mes doutes : « les hypothèses les plus simples sont les plus vraisemblables ». La neige étouffe alors mes limites comme elle étouffe mes pas.

Les bottes freinées par les congères, je vais vers le grand houx sombre où sont couchées des vies passées. Il y a là, derrière la masse obscure tachée du sang des baies, une ruine basse. Si basse qu’il faut avoir au fond de soi, chevillée et diaphane comme une foi, le souvenir d’un « il était une fois… » pour oser aller la redécouvrir. Le père de Roland l’avait arrasée pour que les enfants n’aillent pas y jouer et se mettre en danger. Nous l’appelons depuis « la maison abandonnée ».

L’est-elle vraiment ?

La neige qui couvre les fougères sèches masque la trace de plus en plus ténue des murs, mais je connais l’entrée de la cachette sous une vieille poutre entre les pierres. J’entends des rires de gamins y résonner, emprisonnés dans mes désirs. J’entends la vie et la mort s’y saluer tranquillement.

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