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Nicole Hafterty

Acrylique sur toile – 50×100 cm – février 2011

Dans quel roman l’esprit de Nicole vagabonde-t-il ?

Sa tasse de thé est vide. Son envie de croquer dans les pommes, est-elle oubliée ? Sa gourmandise est-elle passée des fruits et du plateau aux mots du livre ? Est-ce que les lettres courent folles sur les pages qu’elle tourne ? Et a-t-elle au fond du cœur une attente toujours et encore insatisfaite ? Les fleurs ont-elles moins de blancheur que le ciel de février où s’inscrivent les phrases en ressac ?

Dans quel roman Nicole s’est-elle perdue ?

Sûrement dans le même que celui qui captura toutes les inspiratrices de ces artistes épris de leurs pinceaux et oublieux des mots.
Elle aussi s’est perdue dans le temps suspendu de la pose. Son livre est celui de toutes ces prétextes de peintres : livre de la lectrice voyageuse d’un train étrange d’Edward Hopper ; de la lectrice soumise, violacée et grimaçante de René Magritte. Roman de la jeune fille à la lecture de Jean-Honoré Fragonard ; celui de la femme confortablement installée de Gustave Caillebotte. C’est la lecture de toutes les liseuses : liseuse de la période bleue de Picasso ; liseuse de Claude Monet à la jupe largement déployée sur l’herbe ; liseuse de Fantin-Latour ou de Jan Vermeer. C’est peut-être la lecture d’Edouard Manet ou celle de la lectrice à la beauté mûre et tranquille dont le profil se détache sur un fond d’arbres verts illuminés d’or d’Edward Hufner.

J’ai teint en bleu le chapeau de Marc posé sur le paravent et j’ai installé Nicole Hafterty dans la longueur étrange de ma toile en posant du bleu sur les ombres de ses mains et de son visage. Le fond bleu clair de la toile accroche la lumière sur son pantalon. Le salon est frais. Elle a gardé son gros pull de laine et noué sur sa gorge un long foulard.

Bleu naturellement…

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