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Nature morte aux gris

Acrylique sur toile – 80×80 cm – 2012

Les gris sont des lumières ténues qui filtrent par la porte vitrée de l’au-delà. Mélanges subtils de jour et de nuit, ils se teintent de la vie de ceux qui les décèlent. Ils agrègent les souvenirs des vivants à la vie des morts. Là, derrière les vitraux opaques, l’insoutenable blancheur de ce que l’on croit être l’hiver. Ici, l’ombre d’une lampe de chevet pour les terreurs nocturnes.

L’éternité est tapie dans une odeur de fruits comme une esquisse endormie sur la table où palissent des saisons d’enfance.

L’odeur des pommes que mon père range soigneusement pour l’hiver sur des clayettes, près du grand soupirail de la cave claire charrie des images d’étés finissants et lointains, des images de verger, des images de jardin.

Le journal jauni qui nappe les étagères où ma mère aligne les confitures ne suffit plus à dater le temps révolu et brûlant. Le temps de juillet au parfum de Reine des prés, les jours longs et les regains, les heures étendues à l’ombre des tilleuls, le tic-tac au salon sont des instants reconstruits.

Sur un plateau de fruits, jailli de nulle part, plane infini le vaste esprit ; je me souviens de ce poème de Rainer Maria Rilke :

« C’est presque l’invisible qui luit

au-dessus de la pente ailée ;

il reste un peu d’une claire nuit

à ce jour en argent mêlée.

Vois, la lumière ne pèse point

sur ces obéissants contours

et, là-bas, ces hameaux, d’être loin,

quelqu’un les console toujours. »

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