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L’heure verte

Acrylique sur toile 116×89 cm – juin 2012

Près de moi et à côté d’eux-mêmes, un songe d’amants blanchis passe de mes pensées passées à mes pinceaux pressés. Marc est Marcellin, Nicole est Ellen. J’aimerais être Edgar.

De l’alerte fée verte l’effet s’est défait tout à fait des cafés. Les dingues des zincs, les accros des bistrots, les Ulysse du pastis, l’ont dézinguée raide des rades, éliminée des estaminets. Seul Degas montre encore ses dégâts dans des musées usés.

L’absinthe est absente.

Le coca coule sur les pieds humides des gones de bords de Saône. Les troquets coquets de la presqu’île envahie ont semble-t-il vieillis. Les murs sourds du café Bellecour sont des grimoires d’histoires et de croûtes où le bleu de Prusse côtoie Truphémus et l’odeur du Ricard, l’arôme de l’arabica. Abracadabra.

Dans l’antre bruyant, à l’heure verte, j’imagine les teintes verdâtres de la fée à poison et ses feintes à foison. Je pose narquois, dans un coin de la salle au plancher usé, deux chapeaux qui copulent sur un piquet laqué.

Pervers, Charles Cros murmure tout à trac des vers éperdus dans les méandres de mes phrases suspendues :

« Comme bercée en un hamac
La pensée oscille et tournoie
À cette heure où tout estomac
Dans un flot d’absinthe se noie… »

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